Nouvelles normes pour les yachts avec des moteurs diesel puissants.

Les nouvelles normes environnementales pour les moteurs diesel, obligatoire pour            le 1 jan 2021 posent problème pour les constructeurs de yachts dans le monde entier.

Les nouvelles normes d’émissions diesel promulguées par l’Organisation maritime internationale (OMI), qui entreront en vigueur le 1er janvier 2021, rendront les motoryachts de plus de 24 mètres (79 pi) à la fois prohibitifs et pratiquement impossibles à construire raisonnablement. L’équipement actuellement nécessaire pour atteindre les nouvelles normes est si encombrant et compliqué qu’il est presque impossible de le mettre dans des motoryachts de 79 ‘(24 m) à environ 130’ (46 m), nous disent les constructeurs et les constructeurs de moteurs. Les constructeurs de moteurs travaillent sur un système plus compact et plus pratique, mais on est dans plusieurs années, disent-ils.

Le résultat de cette décision de l’OMI tuera efficacement tous les grands bâtiments de yacht à moteur par des sociétés telles que Viking, Hatteras, Burger, Ocean Alexander, Hargrave, Azimut, Ferretti, Princess, Sunseeker, Monte Carlo Yachts, Cheoy Lee, Outer Reef, Nordhavn, Majesté et bien d’autres dans le monde. Le résultat est que des milliers d’artisans et de personnel d’atelier seront licenciés aux États-Unis et à l’étranger. De plus, l’arrêt de la construction de ces bateaux – même si ce n’est que pour quelques années – tuera cette classe de motoryachts dans un avenir prévisible à mesure que les entreprises, ou leurs divisions de grands bateaux fermeront.

Image : Viking yacht avec deux moteurs Caterpillar C32 (2 x 1925 hp)

C’est presque exactement ce qui s’est produit en 1990 lorsque le Congrès américain a adopté une taxe de luxe de 10% sur les nouveaux bateaux vendus aux États-Unis. La quasi-totalité de l’industrie des bateaux en fibre de verre a été mise à genoux et des dizaines de constructeurs ont cessé leurs activités. Des milliers de travailleurs ont perdu leur emploi. De plus, les marques qui ont survécu ont subi tellement de dommages qu’elles n’ont jamais été les mêmes, même si la taxe a été abrogée deux ans plus tard. Les consommateurs américains paient toujours pour cette folie politique.

Pat Healey, PDG de Viking Yachts, est à la tête du mouvement visant à retarder la réglementation sur les émissions de l’OMI jusqu’à ce que les motoristes aient mis au point des systèmes qui peuvent être raisonnablement installés. Il cherche du soutien dans ses efforts pour amener l’OMI à reconsidérer sa décision, et il a besoin de l’aide de tout le monde œuvrant dans l’industrie du yacht.

Problématique pour les CARGO également.

Il y a aussi les gros navires (cargo commerciaux) qui seront affecté par ces nouveaux règlements antipollution. D’ailleurs ils sont pointés du doigt pour être des pollueurs majeurs.

Cependant le journal LeSoleila publié un graphique démontrant que c’est le transport le plus efficace si on considère le cout environnemental par tonne de marchandise livré.

 

Le carburant propre deux fois plus cher

Le 1er janvier 2021, tous les navires circulant dans le monde devront réduire leurs émissions d’oxyde de soufre de 3,5 % à 0,5 % (pourcentage d’oxyde de soufre par rapport à la masse de carburant). Ces règles de l’OMI visent à encourager porte-conteneurs, bateaux de croisières et navires de type pétroliers à utiliser des carburants plus propres.

La majorité de ces bateaux utilisent pour l’instant du mazout lourd, un carburant visqueux et chargé en soufre. Ils peuvent aussi utiliser un mazout allégé en soufre, ou du carburant diesel, qui ne comprend pas de soufre. Mais ces deux options seraient d’un tiers à deux fois plus chères que le mazout lourd.

Le Canada et les États-Unis ont uni leurs efforts pour appliquer ces nouvelles normes. Ici au Canada, le groupe Desgagnés a justement commandé des nouveaux navires pour répondre aux nouvelles normes. Ils seront livrés cette année (2020).

Image : Navire de croisière fonctionnant au gaz naturel liquéfié

 

CONCLUSION

Il est certain que la mise en application de nouvelles normes antipollution nécessite des investissements de la part des constructeurs et des fabricants.

Certains ont trop attendu pour agir et se retrouvent coincés par le temps. Certains manufacturiers regardent du côté de nouveaux carburant comme le gaz naturel liquéfié qui constitue un plan B très intéressant et qui se révèle moins couteux que le diesel.

Le Port de Montréal offrira d’ailleurs ce nouveau type de carburant, le gaz naturel liquéfié pour les navires nouvellement équipés de ce type de moteur qui accepte de carburant.

Cette solution est applicable rapidement sur les cargos commerciaux, mais pas sur les yachts pour les plaisanciers.

Il y a toujours la possibilité d’installer des moteurs moins puissants, mais cela n’est pas toujours applicable selon le type de coque et l’usage prévu pour le yacht. Je pense par exemple au Yacht de pêche comme Viking, Bertram, Hatteras, etc…

Bref, il ne sera pas facile d’obtenir une dispense (retarder la mise en application) pour les yachts de luxe considérant l’importante que prend l’environnement de nos jours.

Les manufacturiers devront innover rapidement avec des solutions adaptées pour le 21 siècle.

 

Articles de références : Futura Planète, Radio Canada, LaPresse, LeSoleil, Trade only today, Journal des Affaires

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