Bienvenue systèmes de stabilisation, adieu mal de mer !
Roulis à l’ancre, en mode navigation, les systèmes anti mal de cœur.
Il existe sur le marché plusieurs systèmes capables d’éliminer ce qu’on appelle le ‘rolling’, ou en français le roulis, c’est ce mouvement latéral de gauche à droite qu’on ressent lorsqu’on est à bord d’un bateau et qui provoque les nausées, les hauts-le-cœur, surtout à basse vitesse ou encore à l’ancre.
Le roulis est en effet le mouvement le plus désagréable et le plus déroutant quand on arrive de la terre ferme. Il est inconfortable, fatiguant et probablement la plus grande cause de mal de mer. Il est le prix inévitable à payer pour certaines personnes, pour le plaisir d’être sur l’eau. Ce n’est pas le mouvement de vague avant/arrière (tangage) qui est la source la plus fréquente du mal de mer mais bien celui de gauche à droite, je veux ici être bien claire à ce sujet. Il faut faire la différence entre le roulis et le tangage.
Afin de pallier à cet inconfort, différents systèmes sont proposés par divers manufacturiers depuis quelques années et qui sont maintenant disponibles sur des bateaux inférieurs à 100 pieds. Pour les amateurs de nautisme navigant sur des bateaux de 50 pieds et plus, c’est en soi une petite révolution.
Bien sûr, ces systèmes sont assez dispendieux à l’achat, ils constituent une option couteuse mais combien agréable puisqu’ils sont en mesure de vous procurer à vous et vos proches un confort jusque-là impossible à obtenir lorsque la mer est mouvementée.
Plusieurs propriétaires envisagent de changer de bateau afin de se procurer un tel système tellement leur efficacité est grande et surprenante.
Les différents systèmes
Il existe différents systèmes offerts sur le marché. Il y a les stabilisateurs de type GYRO (pour gyroscope) offerts par exemple par Mitsubishi et Seakeeper et il y a les systèmes de type FINS. Il existe d’autres types de stabilisation, mais nous allons nous limiter à ces deux types les plus souvent utilisés pour les yachts de plaisance.
La différence majeure entre les deux, c’est que les types Gyro sont installés à l’intérieur du bateau, rien d’apparent n’est installé à l’extérieur du bateau. En ce qui concerne les types FINS, il y a nécessité d’installer des mécanismes extérieurs (sur les deux cotés du bateau) afin de stabiliser le bateau.
Les deux systèmes offrent la stabilisation à l’arrêt (à l’ancre ou zéro speed) comme en mode de navigation. Bien sûr, dans le cas des FINS, il faut faire attention de ne pas accrocher ou frapper un objet, car il y a risque de dommage.
La tendance du marché, les plus, les moins
La tendance observée sur le marché quand au choix des plaisanciers sont pour le moment difficile à cerner. Les deux systèmes sont très efficaces et les manufacturiers sont sérieux et réputés.
Il faut dire que pour les bateaux de moins de 90 pieds, les types Gyro semblent plus populaires.
On parle de réduction du roulis de 50% à 80%. Ce qui est très significatif. Bien sûr, ils vont exiger le fonctionnement d’une génératrice afin de produire l’énergie nécessaire à son fonctionnement, mais on parle alors de 2 à 5 kw par Gyro.
Le stabilisateur Seakeeper quant à lui nécessite la mise en place d’un système de refroidissement basé sur l’eau, il faut à ce moment veillé sur l’usure des anodes. Ce qui n’est pas le cas du système proposé par Mitsubishi.
Mais il faut dire que le système offert par Seakeeper est très populaire et il est offert par presque tous les manufacturiers de yachts de plus de 50 pieds.
Plusieurs stabilisateurs de type Gyro peuvent êtres installés sur un même bateau pour atteindre le niveau de stabilisation désiré. En effet, selon le gabarit du bateau (poids, longueur), deux, trois ou quatre unités peuvent êtres installés. L’avantage des Gyros c’est qu’ils peuvent être installés un peu partout dans le bateau (du centre vers l’arrière du bateau). Mais habituellement, il y a un système conçu pour chaque grosseur de yacht.
Bien sûr, il faut que le manufacturier tienne compte de l’installation de cet équipement. Les Gyros vont nécessairement transférer des charges sur la structure de la coque, il faut donc que les fondations du bateau soient conçues en conséquence.
Les FINS sont également très efficaces. Mais ils sont à l’extérieur du bateau sous la ligne de flottaison mais pas complètement sous le bateau (comme les nageoires pectorales d’un dauphin). Ils bougent de manière à stabiliser le bateau et certains ont même des extensions afin d’augmenter leur efficacité lorsqu’ils sont opérés en mode
zéro speed (le bateau est à l’arrêt).
Presque tous les yachts (modernes) de plus de 100 pieds possèdent ce type de stabilisation.
Plusieurs manufacturiers fabriquent ces stabilisateurs : Quantum, Side-power, Rolls-Royce, CMC marine, etc. Le prix est inférieur au Gyro selon la capacité.
Le fonctionnement des Gyros
Je vous explique sommairement le mode de fonctionnement des Gyros. C’est en gros, une boule (sphère) qui tourne à une vitesse très élevée et qui provoque une certaine force G opposée à celle qui est exercée sur le navire (par la mer) de manière à neutraliser le mouvement (en partie bien sûr) qui provoque le roulis (explication sommaire et simplifiée).
Comme il faut que la sphère tourne vraiment rapidement (10,000 tours/minute), vous comprendrez qu’il faut au moins 20 minutes (approximativement) avant qu’elle soit pleinement efficace, donc un temps d’attente et il faut que la génératrice fonctionne. Il y a aussi un temps d’arrêt. Le mode de fonctionnement est très silencieux.
Le prix
En général, il faut débourser environ $100,000 US par unité (prix approximatif). Mais la valeur de revente de votre bateau est rehaussée et les acheteurs de yachts d’occasions recherchent ce système en priorité.
Je vais maintenant vous donner mon opinion personnelle. J’ai expérimenté les deux systèmes lors de mes livraisons de yachts italiens en Méditerranée.
Je pense que le meilleur système à l’arrêt (zéro speed) est le gyroscope. C’est un système facile d’opération pour le plaisancier. Ils sont très efficaces et performants. Mais en mode navigation dans une mer agitée, l’efficacité décroit rapidement surtout si la vitesse du bateau dépasse les 10 à 15 kn.
C’est à ce moment que l’efficacité des FINS est vraiment supérieure. Les fins sont toujours dans l’eau, ils stabilisent le yacht en le soulevant presque (plutôt une impression). Dès que le yacht enregistre une certaine vitesse, on dirait qu’on perçoit leur efficacité par rapport aux Gyros. On dirait qu’ils créent un effet de portance.
Mais les FINS à zéro speed (bateau à l’arrêt), ça brassent de l’eau, il leur faut beaucoup d’amplitude, ce qu’ils n’ont pas à la base. Ils doivent travailler très fort. Pour leurs donner de l’efficacité à zéro speed, on doit les grossir, ce qui crée des effets moins désirables en mode navigation. On doit choisir entre efficacité en mode déplacement (pas d’effet ‘’drag’’, pas d’augmentation de la consommation de carburant) ou efficacité à zéro speed (système occupe plus d’espace dans le bateau), choix difficile.
Les contraintes énumérées pour les FINS doivent êtres mise en perspective en regard du type de coque. En effet, sur les yachts à coque à semi-déplacement, l’effet négatif des FINS est moins significatifs que pour les coques semi-planantes (rapide).
Certains manufacturiers de FINS on introduit une inclinaison, une courbure dans les FINS afin de réduire en partie les effets négatifs. Les rapports d’efficacité d’un tel type de FINS semblent très favorables.
Il y aussi les nouveaux stabilisateurs basé sur l’effet Magnus, techniquement cela semble révolutionnaire et comporte plusieurs avantages comparativement aux FINS conventionnels. Il s’agit d’un cylindre de chaque coté du bateau qui va se déployé sur demande et qui va crée (en tournant d’un sens et dans l’autre) un effet de poussé ou de levé selon les besoins. Nous allons suivre de près l’introduction de ce système et nous allons vous en rendre compte au cours des prochains mois (voir l’image plus bas qui montre un cylindre).
En général, les FINS nécessitent un entretien (une surveillance) et une certaine attention de la part du capitaine. Mais, ils fonctionnent dès qu’ils sont mis en tension.
Idéalement, ça prend les deux, si bien sûr le coût n’a pas d’importance pour vous (dans un monde idéal) et que le gabarit du bateau le permet.
Un fait à noter; les yachts conçus pour la vitesse (les vrais, pas les imitations) doivent être très maniables et leurs coques sont élaborées pour « se coucher » en mode virage. Donc les FINS et les Gyros ne sont pas disponibles sur ce genre de yacht.
N’hésitez pas à nous contacter pour discuter de stabilisation ou de tout autre sujet relié au monde du nautisme, c’est toujours un grand plaisir pour nous de partager notre passion!
L’équipe Ita Yachts Canada et Proprio-bateau.com
La 1e photo : l’intérieur du système ARG GYRO de Mitsubishi
La 2e photo : système SEAKEEPER
La 3e photo : stabilisateur basé sur l’effet Magnus
Les autres photos : divers systèmes de FINS













